L’homme est né pour penser; mais les pensées pures qui le rendraient heureux s’il pouvait toujours les soutenir, le fatiguent et l’abattent. C’est une vie unie à laquelle il ne peut s’accommoder ; il lui faut du remuement et de l’action, c’est-à-dire qu’il est nécessaire qu’il soit quelquefois agité des passions dont il sent dans son cœur des sources si vives et si profondes. Les passions qui sont les plus convenables à l’homme et qui en renferment beaucoup d’autres, sont l’amour et l’ambition : elles n’ont guère de liaison ensemble, cependant on les allie assez souvent ; mais elles s’affaiblissent l’une l’autre réciproquement, pour ne pas dire qu’elles se ruinent...
L’amour humain, avec le cortège de ses grandeurs et de ses misères, sublime et grossier tout ensemble, et s’adressant au corps et à l’âme. Tel est bien le sujet qui a inspiré à Pascal ce discours.